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Reza Pahlavi, l’héritier devenu opposant

Reza pahlavi

Un nom qui revient dans la rue iranienne

Depuis les soulèvements déclenchés par la mort de Mahsa Amini, un slogan inattendu traverse les manifestations :
« Reza Shah, rohât shâd » (« Reza Shah, que ton âme soit en paix »), parfois suivi du nom de son petit-fils, Reza Pahlavi.
Dans un pays où la République islamique a effacé jusqu’aux traces de la dynastie Pahlavi, entendre ces cris est un signe politique fort.

Reza Pahlavi, 63 ans, vit en exil depuis 1979. Il n’a jamais remis les pieds en Iran, mais son visage et ses prises de position circulent largement sur les réseaux sociaux. Pour certains, il incarne une alternative possible ; pour d’autres, un symbole du passé.

Un héritier façonné par l’exil

Né en 1960, formé comme pilote de chasse aux États‑Unis, diplômé en sciences politiques, Reza Pahlavi a grandi dans l’idée qu’il serait un jour roi.
La révolution islamique en a décidé autrement.
Depuis, il s’est construit une identité d’opposant, multipliant interventions médiatiques, tribunes et rencontres diplomatiques.

Son style est mesuré, presque technocratique. Il parle de droits humains, de laïcité, de transition démocratique. Il évite soigneusement les postures de prétendant au trône.

Est‑il pour une monarchie constitutionnelle ?

Oui — mais pas de manière impérative.
Reza Pahlavi affirme depuis des années que le futur régime de l’Iran doit être choisi par référendum, une fois la République islamique tombée.

Il se dit personnellement favorable à un système où :

  • le chef de l’État est un monarque symbolique,
  • les pouvoirs sont strictement limités par une constitution,
  • le gouvernement est dirigé par un Premier ministre responsable devant un Parlement,
  • le monarque joue un rôle neutre, modérateur et garant de l’unité nationale,
    conformément à la définition d’une monarchie constitutionnelle moderne telle que décrite dans la source consultée [fr.wikipedia.org](https://fr.wikipedia.org/wiki/Monarchie_constitutionnelle#:~:text=Une monarchie constitutionnelle est un,plus pertinent%2C retirez-le.).

Autrement dit :
il ne réclame pas un retour automatique de la monarchie, mais il soutient l’idée d’une monarchie parlementaire si — et seulement si — les Iraniens la choisissent.

Son projet politique : transition, laïcité, souveraineté populaire

Dans ses discours et interviews, Reza Pahlavi met en avant :

  • une transition pacifique vers un système démocratique ;
  • un État laïque, séparant totalement religion et politique ;
  • un référendum constitutionnel ;
  • la libération des prisonniers politiques ;
  • une justice indépendante ;
  • une politique étrangère « normalisée », loin de l’isolement actuel.

Il insiste sur le fait qu’il ne veut pas « gouverner », mais accompagner une transition — une posture qui rappelle le rôle symbolique des monarques constitutionnels modernes.

Pourquoi son nom est scandé aujourd’hui ?

Plusieurs facteurs expliquent ce retour inattendu :

  • Nostalgie d’un Iran perçu comme plus prospère avant 1979.
  • Rejet massif du régime actuel, qui pousse certains à reconsidérer le passé.
  • Absence d’alternative unifiée dans l’opposition.
  • Puissance de la diaspora, très active sur les réseaux sociaux.
  • Image d’un leader modéré, non violent, laïque, pro‑démocratie.

Mais ce soutien reste hétérogène : admiration sincère, nostalgie, stratégie de protestation, ou simple rejet du pouvoir actuel.

Ses chances réelles : entre symbole et incertitude

Atouts

  • Nom puissant dans l’imaginaire collectif.
  • Visibilité internationale.
  • Capacité à fédérer une partie de la diaspora.
  • Image d’un leader modéré et non extrémiste.

Limites

  • Opposition iranienne très fragmentée.
  • Méfiance persistante envers l’héritage monarchique.
  • Absence totale de présence en Iran depuis 45 ans.
  • Répression féroce du régime, qui rend toute transition incertaine.

Aujourd’hui, Reza Pahlavi est plus un symbole qu’un acteur opérationnel.
Mais dans un pays où les symboles peuvent devenir des forces politiques, son rôle pourrait évoluer rapidement si le régime venait à vaciller.

Conclusion journalistique

Reza Pahlavi n’est plus seulement l’héritier d’un trône disparu.
Il est devenu, malgré lui parfois, une figure de projection pour une partie des Iraniens en quête d’un avenir différent.
Son soutien à une monarchie constitutionnelle s’inscrit dans une vision démocratique où le peuple déciderait du régime.
Reste à savoir si l’histoire lui offrira un rôle réel — ou si son nom restera un cri de rue, un symbole parmi d’autres dans la longue lutte du peuple iranien.