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Iran, et pourquoi on en parle mal en France

Islam politique

On entend souvent en France que les révoltes iraniennes seraient “à cause de la vie chère”.
C’est vrai que l’économie a été l’étincelle.
Mais la réalité est bien plus profonde : le peuple iranien se soulève contre un régime qui confisque sa liberté, sa dignité et même sa religion.

Et ça, on le dit beaucoup moins.

En Iran, ce n’est pas juste une crise économique : c’est un rejet du régime

Les Iraniens dénoncent :

  • la théocratie autoritaire,
  • la corruption,
  • la police religieuse,
  • la violence d’État,
  • l’instrumentalisation de l’islam.

Ce n’est pas une “colère sociale”.
C’est un mouvement politique massif, courageux, existentiel.

Pourquoi ce message passe mal en France ?

1. La prudence diplomatique

La France marche sur des œufs avec l’Iran (nucléaire, otages, sécurité).
Dire clairement “le peuple veut se libérer du régime” serait un geste diplomatique fort.

2. La peur des amalgames

En France, tout ce qui touche à l’islam devient explosif.
Soutenir un peuple qui rejette un régime islamiste peut être perçu — à tort — comme une critique de l’islam lui-même.
Résultat : certains préfèrent parler d’inflation plutôt que d’oppression.

3. La confusion entre islam et islamisme

L’islam = une foi.
L’islamisme = un projet politique autoritaire.
Les Iraniens font très bien la différence.
En France, cette nuance se perd souvent dans le débat public.

4. La méconnaissance du chiisme iranien

L’Iran possède une tradition religieuse riche, poétique, mystique.
Rien à voir avec l’appareil répressif actuel.
Mais cette réalité est peu connue ici.

Un Iran libre restera musulman — mais sans islam politique

C’est essentiel.

Les Iraniens ne rejettent pas leur religion.
Ils rejettent un régime qui utilise la religion pour gouverner.
Il est fort à parier que l’islam chiite d’avant la révolution reprendra sa place

Un Iran libéré :

  • restera majoritairement chiite,
  • retrouvera un islam spirituel et culturel,
  • séparera probablement religion et pouvoir,
  • renouera avec sa tradition philosophique et poétique.

Ce n’est pas une révolution contre l’islam.
C’est une révolution contre l’instrumentalisation de l’islam.

En résumé

Si certains en France minimisent la dimension politique des révoltes iraniennes, c’est par prudence diplomatique, par peur d’alimenter les tensions internes, ou par méconnaissance de la réalité iranienne.

Mais les faits sont clairs :
le peuple iranien veut se libérer d’un régime autoritaire, pas de sa religion.

Soutenir cette aspiration n’a rien d’islamophobe.
C’est simplement soutenir un peuple qui veut vivre libre.