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Chapelle Saint‑Fiacre de Remicourt

chapelle Saint‑Fiacre

1 – Une histoire miraculeuse :

Au cœur du vallon qui reliait autrefois Nancy aux terres de Villers, le hameau de Remicourt formait dès le XIIIᵉ siècle un petit monde autonome : une maison forte, quelques terres fertiles, une source vive, et un chemin fréquenté par les paysans, les jardiniers et les voyageurs. C’est là, en 1345, qu’apparaît pour la première fois dans les archives la mention d’une chapelle dédiée à Saint‑Fiacre, le patron des jardiniers. Rien d’étonnant : les sols y étaient généreux, et la source voisine passait pour bienfaisante.

Très tôt, la chapelle devint un centre de dévotion. Les habitants de Nancy, de Laxou et des villages environnants s’y rendaient en pèlerinage, attirés par la réputation de la fontaine, dont l’eau était réputée guérir les maladies des yeux. On venait y chercher la clarté du regard, la guérison, mais aussi la protection du saint pour les jardins, les vergers et les cultures maraîchères qui nourrissaient la ville.

Au fil des siècles, la chapelle prit de l’importance. En 1601, elle fut érigée en paroisse, signe de son rôle spirituel dans la vie locale. Mais la Révolution mit fin à cette histoire : comme tant d’autres sanctuaires ruraux, la chapelle fut détruite, et la fontaine disparut. Le culte de Saint‑Fiacre fut transféré vers le village de Villers, où une nouvelle église fut construite au XIXᵉ siècle.

Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’édifice médiéval. Le château de Remicourt, remanié au fil du temps, veille encore sur le site, tandis qu’une chapelle orthodoxe contemporaine occupe les abords. Pourtant, sous les pelouses et les chemins, la mémoire du lieu demeure : celle d’un sanctuaire champêtre où l’eau, la terre et la foi se mêlaient pour offrir aux pèlerins un peu de guérison et beaucoup d’espérance.

2 – Chronologie du site de Remicourt et de la chapelle Saint‑Fiacre

Avant le XIIIᵉ siècle

  • Occupation rurale diffuse : terres agricoles, vergers, sources et chemins reliant Nancy à Villers et Laxou.
  • Présence probable d’un lieu de dévotion pré‑chrétien autour de la source (hypothèse fréquente pour les fontaines guérisseuses).

XIIIᵉ siècle

  • Émergence du fief de Remicourt.
  • Construction d’une maison forte (ancêtre du château actuel).
  • Le site devient un petit centre seigneurial structuré.

1345

  • Première mention écrite d’une chapelle dédiée à Saint‑Fiacre, située près de la maison forte.
  • Le lieu est déjà un centre cultuel local.

XIVᵉ – XVᵉ siècles

  • Développement du pèlerinage à Saint‑Fiacre.
  • La fontaine de Remicourt est réputée pour guérir les maladies des yeux.
  • Afflux de pèlerins venant de Nancy, Laxou, Villers, et des hameaux voisins.

XVIᵉ siècle

  • La chapelle est suffisamment importante pour être érigée en paroisse en 1601 (fin du XVIᵉ / début XVIIᵉ).
  • Le site devient un pôle religieux structuré.

XVIIᵉ siècle

  • Le pèlerinage reste actif.
  • Le fief de Remicourt se transforme progressivement en domaine agricole et résidentiel.

XVIIIᵉ siècle

  • La chapelle Saint‑Fiacre est encore mentionnée en 1780.
  • Le culte est toujours vivant, mais la chapelle commence à vieillir.

1789–1793 : Révolution

  • Destruction de la chapelle (comme beaucoup de sanctuaires ruraux).
  • La fontaine disparaît ou est comblée.
  • Le culte de Saint‑Fiacre est transféré vers le village de Villers.

XIXᵉ siècle

  • Construction d’une nouvelle église Saint‑Fiacre au centre de Villers‑village.
  • Le site de Remicourt devient un domaine privé, agricole puis résidentiel.

XXᵉ siècle

  • Le château de Remicourt est remanié.
  • Le hameau est intégré à Villers‑lès‑Nancy.
  • Le site ancien de la chapelle n’est plus visible.

XXIᵉ siècle

  • Le secteur accueille une chapelle orthodoxe moderne, non liée à l’ancienne chapelle médiévale.
  • Le lieu conserve une mémoire diffuse : toponymie, récits locaux, archives.

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