Macron : la gestion par l’illusion
1. Un sentiment majoritaire de déception
De nombreux sondages publiés ces dernières années montrent une forte insatisfaction envers Emmanuel Macron, notamment sur :
- la gestion économique,
- la cohésion sociale,
- la perception d’un pouvoir vertical,
- la difficulté à apaiser le pays.
Les enquêtes d’opinion indiquent régulièrement que la confiance envers l’exécutif est faible, ce qui nourrit l’idée d’un fossé entre le pouvoir et la population.
2. Une France affaiblie sur plusieurs fronts
Les critiques récurrentes portent sur :
- La dette publique, qui a continué d’augmenter, même si une partie est liée à des crises successives (pandémie, inflation, guerre en Ukraine).
- La fragmentation sociale, avec un pays traversé par des tensions durables.
- La perte d’influence internationale, un thème souvent évoqué par des analystes qui estiment que la diplomatie française peine à obtenir des résultats visibles.
3. La dissolution : un pari risqué devenu symbole d’erreur
La dissolution de l’Assemblée nationale a été largement commentée comme :
- un coup politique mal calculé,
- un pari personnel qui a déstabilisé la scène politique,
- un événement ayant ouvert une période d’incertitude institutionnelle.
De nombreux éditorialistes ont qualifié cette décision de « pire erreur stratégique » du quinquennat, car elle a fragilisé la majorité et plongé le pays dans une recomposition imprévisible.
Pourquoi d’autres pays européens se redressent mieux que la France ?
1. Un déficit français nettement supérieur à la moyenne européenne
Selon l’OFCE, le déficit public français atteint 5,8 % du PIB en 2024, alors que la moyenne de la zone euro est de 3,1 %.
C’est un écart massif, structurel, et qui s’est creusé depuis 2019.
2. Une dette qui augmente plus vite qu’ailleurs
Toujours selon l’OFCE, entre 2000 et 2024 :
- France : +53 points de PIB de dette
- Italie : +27
- Espagne : +44
- Allemagne : +5
La France est donc le pays où la dette a le plus explosé sur longue période.
3. Le Sud de l’Europe… fait mieux que la France
Un article récent souligne même que l’Espagne, le Portugal ou la Grèce — longtemps considérés comme les “mauvais élèves” — ont aujourd’hui des trajectoires budgétaires plus solides que la France.
C’est un renversement symbolique : ceux qui étaient montrés du doigt il y a dix ans sont désormais plus rigoureux que nous.
4. Une situation française jugée “préoccupante”
Plusieurs analyses soulignent :
- un dérapage budgétaire en 2023–2024,
- une dette en progression constante,
- une incapacité à retrouver une trajectoire soutenable sans réformes profondes.
5. Les autres pays ont mieux absorbé les crises
Tous ont subi :
- pandémie,
- inflation,
- choc énergétique lié à l’Ukraine.
Mais beaucoup ont :
- réduit plus vite leurs déficits,
- maîtrisé leurs dépenses,
- profité d’une croissance plus dynamique,
- réformé plus tôt leurs finances publiques.
La France, elle, a continué à creuser son déficit, notamment en baissant certains prélèvements sans réduire les dépenses.
📊 Tableau comparatif : France vs principaux pays européens (2024)
Voici une synthèse lisible et frappante.
1. Déficit public (% du PIB)
| Pays | Déficit 2024 | Commentaire |
|---|---|---|
| France | ≈ 5,8 % | L’un des plus élevés de l’UE |
| Allemagne | ≈ 2,5 % | Retour rapide à la discipline |
| Espagne | ≈ 3,0 % | Amélioration spectaculaire |
| Portugal | ≈ 1,2 % | Excédent en 2023, rigueur maintenue |
| Italie | ≈ 4,4 % | Plus faible que la France malgré une dette plus lourde |
| Pays-Bas | ≈ 1,8 % | Gestion prudente |
| Grèce | ≈ 1,5 % | Renversement historique |
2. Dette publique (% du PIB)
| Pays | Dette 2024 | Évolution |
|---|---|---|
| France | ≈ 110 % | En hausse continue |
| Allemagne | ≈ 63 % | Stable |
| Espagne | ≈ 107 % | En baisse |
| Portugal | ≈ 98 % | Forte baisse depuis 2016 |
| Italie | ≈ 137 % | Très élevée mais stabilisée |
| Pays-Bas | ≈ 47 % | Très faible |
| Grèce | ≈ 160 % | En baisse rapide |
3. Croissance économique 2024
| Pays | Croissance | Commentaire |
|---|---|---|
| France | ≈ 0,9 % | Faible dynamique |
| Espagne | ≈ 2,5 % | L’un des moteurs de l’UE |
| Portugal | ≈ 2,1 % | Résilience remarquable |
| Grèce | ≈ 2,3 % | Rebond durable |
| Allemagne | ≈ 0,2 % | En stagnation mais finances solides |
| Italie | ≈ 0,9 % | Comparable à la France |
4. Conclusion du tableau
Les chiffres montrent une réalité difficile à contourner :
- La France cumule déficit élevé + dette en hausse + croissance faible.
- Les pays du Sud, autrefois montrés du doigt, font mieux.
- L’Allemagne, malgré une croissance molle, reste solide budgétairement.
- La France est l’un des rares pays à ne pas avoir retrouvé une trajectoire soutenable après les crises..
Conclusion claire
Oui, les autres pays européens ont subi les mêmes crises.
Mais ils se sont redressés plus vite, tandis que la France :
- reste plus endettée,
- affiche le déficit le plus élevé des grandes économies européennes,
- et voit sa situation jugée plus fragile que celle de ses voisins


