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Écolos Théoriciens : Idiologie quand tu nous tiens…

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Les Écolos Théoriciens : Chronique d’une Conversion Forestière

Ils sont là.
Ils arrivent en procession, sur leur vélo cargo à batterie chinoise, armés de convictions, de tote bags en chanvre bio, et de citations de penseurs anglophones qu’ils n’ont jamais rencontrés mais qu’ils vénèrent comme des demi-dieux.
Leur culture est vaste, profonde, et surtout… livresque.
Ils ont lu tout ce qu’il fallait lire, vu toutes les conférences TED, liké tous les posts de leurs gourous préférés — des gourous qui, par un miracle algorithmique, leur ressemblent beaucoup.

Ils parlent de la nature avec des trémolos dans la voix, mais n’ont jamais mis les pieds dans une forêt autrement qu’en stage encadré, avec gourou qui sait tout
Ils s’extasient devant la biodiversité, mais confondent un chevreuil avec une biche et pensent que les sangliers sont une invention de la droite rurale.

Leur ennemi juré ?
Le paysan, le chasseur, le pêcheur.
Ces gens rustiques, terreux, qui osent aimer la nature sans avoir lu Spinoza.
Des gens qui connaissent les habitudes des animaux, les cycles des saisons, les caprices du sol… mais qui n’ont jamais publié de tribune dans Le Monde.
Donc, forcément, ils ont tort.

Et pourtant, ces écolos théoriciens sont devenus puissants.
Ils sont nombreux, organisés, et surtout très bien placés.
Députés, maires, conseillers, experts, consultants, influenceurs…
Ils font des lois, des règlements, des normes, des chartes, des plans d’action.
Ils décident ce qui est bon pour la planète — et donc pour toi.
Le bien, c’est eux.
Ils l’ont lu quelque part et ça nous coûte très cher, ça enrichit les chinois, ça pollue grave !

Alors ils imposent des solutions lumineuses :

  • des éoliennes chinoisee plantées là où les oiseaux migrent,
  • des voitures électriques made in china que personne ne peut réparer,
  • des pistes cyclables dans des villages où le seul vélo est celui du facteur,
  • du bio hors de prix,
  • du vegan industriel,
  • des taxes vertes sur les barbecues,
  • des interdictions de pêche dans des rivières où plus personne ne pêche.

Et pendant ce temps, le paysan regarde son champ, le chasseur son bois, le pêcheur son étang.
Ils haussent les épaules.
Ils savent que la nature ne se plie pas aux lois, ni aux PowerPoints.
Ils savent que le renard ne lit pas les décrets, que le cerf ne vote pas, et que la truite se moque des labels.

Mais attention : le théoricien écolo, lui, est prêt.
Il a un plan.
Un grand plan.
Un plan stratégique de transition écologique territorialisée.
Avec des indicateurs, des objectifs, des axes, des leviers, des synergies.
Et un budget.

Il ne survivrait pas trois jours seul en forêt.
Mais il pourrait bien devenir président

Le Théoricien et le Sanglier

Un jour, dans un bois bien réel,
Un écolo, tout droit sorti d’un panel,
Vint poser ses idées, ses lois, ses schémas,
Convaincu que la nature, ça se gère comme un débat.

Il portait un chapeau en fibres recyclées,
Un grimoire de lois sous le bras, bien ficelé,
Et citait des penseurs, des experts, des gourous,
Qui n’avaient jamais vu un renard, ni un hibou.

Il déclara, devant les arbres médusés :
« Désormais, ici, tout sera régulé.
Le sanglier devra s’inscrire pour ses balades,
Et les blaireaux auront des horaires de promenade. »

Mais voilà qu’un sanglier, vieux, bourru, costaud,
Sortit des fourrés, l’air de dire « C’est trop ! »
Il grogna, renifla, puis s’approcha du monsieur,
Qui, soudain, réalisa qu’il n’était pas chez lui, mais chez eux.

« Je suis là pour vous sauver ! » cria l’écolo, tremblant.
Le sanglier, lui, n’avait pas lu les règlements.
Il chargea doucement, juste pour faire peur,
Et notre héros s’enfuit, oubliant ses valeurs.

Moralité :
Qui veut changer la nature sans la connaître,
Risque de finir par courir, sans paraître.
Car la forêt n’a pas besoin de décret,
Elle vit, elle respire, elle sait ce qu’elle fait.