Khomeini le « sage » de Neauphle-le-Château
L’ambition mondiale d’une révolution — et la réalité d’une idéologie imposée par la force
Contrairement à légende naïve propagée par les élites de gauche, il avait un très sombre projet !
Lorsque l’ayatollah Rouhollah Khomeini revient en Iran en 1979, il ne porte pas seulement un projet de renversement du Shah. Ses écrits et ses discours montrent une ambition beaucoup plus vaste : transformer l’ordre politique mondial, renverser les systèmes occidentaux, combattre les puissances hégémoniques et rompre radicalement avec la civilisation occidentale.
Cette vision globale, il l’impose ensuite par la contrainte, la répression et la terreur d’État au peuple iranien.
Ce long article intègre une chronologie détaillée de la répression post‑1979, ainsi que les citations exactes attribuées à Khomeini, accompagnées de leurs traductions françaises.
1. Une révolution conçue comme un projet mondial
Dans Islamic Government (1970), Khomeini affirme que la loi divine doit s’étendre au‑delà de toute frontière nationale :
« God did not ordain that His commandments be restricted to a particular country or people. His laws are universal and eternal, and they must be implemented everywhere on earth. »
« Dieu n’a pas décrété que Ses commandements soient limités à un pays ou à un peuple particulier. Ses lois sont universelles et éternelles, et elles doivent être appliquées partout sur terre. »
Cette phrase montre que Khomeini ne pense pas en termes d’État-nation, mais en termes de communauté islamique mondiale.
Le gouvernement islamique n’est pas un modèle iranien :
c’est un modèle destiné à s’étendre partout.
2. Renverser les systèmes occidentaux
Khomeini rejette frontalement les concepts politiques modernes :
« Don’t listen to those who speak of democracy. They all are against Islam. They want to take the nation away from its mission. We will break all the poison pens of those who speak of nationalism, democracy, and such things. »
« N’écoutez pas ceux qui parlent de démocratie. Ils sont tous contre l’islam. Ils veulent détourner la nation de sa mission. Nous briserons toutes les plumes empoisonnées de ceux qui parlent de nationalisme, de démocratie et de telles choses. »
Pour lui, la démocratie n’est pas un système politique, mais une menace spirituelle.
3. Combattre les puissances hégémoniques
Les États‑Unis deviennent rapidement l’ennemi idéologique central :
« Americans are the great Satan, the wounded snake. »
« Les Américains sont le Grand Satan, le serpent blessé. »
Cette vision structure une doctrine où l’Iran révolutionnaire doit mener une lutte globale contre les superpuissances.
4. Israël, ennemi idéologique absolu
Khomeini décrit Israël comme une entité illégitime :
« This regime occupying Jerusalem must vanish from the page of time. »
« Ce régime occupant Jérusalem doit disparaître de la page du temps. »
Pour lui, Israël n’est pas un adversaire régional, mais un symbole mondial de l’oppression occidentale.
5. Rupture totale avec la civilisation occidentale
Khomeini rejette toute idée de compromis culturel :
« There is no room for play in Islam … It is deadly serious about everything. »
« Il n’y a pas de place pour le jeu en islam… L’islam est d’un sérieux mortel en toute chose. »
La rupture n’est pas seulement politique :
elle est civilisationnelle.
6. Une idéologie imposée par la force : chronologie détaillée de la répression post‑1979
La révolution islamique se transforme très vite en un système de domination.
Voici une chronologie précise des principales étapes de la répression.
1979 — Purges, exécutions et tribunaux révolutionnaires
- Création des tribunaux révolutionnaires, qui prononcent des centaines d’exécutions en quelques semaines.
- Exécution d’anciens responsables du régime du Shah, souvent après des procès de quelques minutes.
- Purges massives dans l’armée, la police, l’université, l’administration.
- Fermeture des journaux indépendants.
- Début de la répression contre les minorités ethniques (Kurdes, Turkmènes).
1980 — « Révolution culturelle » et guerre contre les opposants
- Lancement de la révolution culturelle :
- fermeture des universités pendant trois ans,
- épuration des enseignants,
- islamisation forcée des programmes.
- Début de la guerre contre les Moudjahidines du peuple (MEK).
- Premières grandes vagues d’arrestations de militants de gauche.
1981 — Consolidation autoritaire
- Interdiction de tous les partis politiques non islamistes.
- Arrestations massives après l’attentat contre le siège du Parti de la République islamique.
- Exécutions quotidiennes de militants marxistes, libéraux, islamistes dissidents.
1982–1984 — Extension de la terreur d’État
- Développement du réseau de prisons politiques (Evin, Gohardasht…).
- Torture systématique documentée par des ONG.
- Répression des minorités religieuses, notamment les Bahá’ís, privés de droits civiques et souvent emprisonnés.
1985–1987 — Militarisation totale de la société
- Renforcement des Pasdaran et des Bassidjis.
- Surveillance généralisée de la population.
- Arrestations pour « mauvais voile », « immoralité », « propagande contre l’État ».
1988 — Le massacre des prisonniers politiques
L’un des épisodes les plus sombres du régime.
- Mise en place de « commissions de la mort ».
- Exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en quelques semaines.
- Corps enterrés dans des fosses communes anonymes.
- Interdiction faite aux familles de parler des victimes.
1989 — Mort de Khomeini, continuité de la répression
- Le système qu’il a créé reste intact.
- La doctrine de la velayat‑e faqih devient la colonne vertébrale de l’État.
- Les institutions répressives (IRGC, Bassidjis, tribunaux révolutionnaires) continuent d’opérer.
Conclusion : une révolution mondiale imposée par la violence
Les citations et les faits montrent clairement que :
- Khomeini concevait la révolution islamique comme un mouvement global,
- il appelait à renverser les systèmes occidentaux,
- il voyait Israël comme un ennemi idéologique central,
- il prônait une rupture totale avec la civilisation occidentale,
- et il a imposé sa doctrine en Iran par la force, au prix d’une répression massive et durable.
La révolution islamique n’a donc jamais été un simple changement de régime.
Elle fut — et demeure — un projet idéologique mondial, appliqué en Iran par des moyens d’une extrême violence.


