Young Global Leaders
Un réseau mondial d’influence, d’apprentissage et de pouvoir
Depuis vingt ans, le programme Young Global Leaders (YGL) attire l’attention par son prestige, son réseau tentaculaire et les personnalités qui en sont issues. Créé sous l’égide du Forum économique mondial (WEF), il rassemble chaque année une centaine de jeunes dirigeants considérés comme « exceptionnels » dans leurs domaines.
On y retrouve des chefs d’État, des entrepreneurs, des scientifiques, des artistes, des responsables d’ONG et des dirigeants d’entreprises.
En France, des figures comme Emmanuel Macron, Gabriel Attal, Marlène Schiappa ou Christel Heydemann (Orange) ont été membres du programme, ce qui nourrit régulièrement débats et fantasmes.
Origines et histoire du programme
1992 : Global Leaders for Tomorrow
Le programme naît en 1992 sous le nom Global Leaders for Tomorrow, lancé par Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial Wikipédia.
2004 : naissance des Young Global Leaders
En 2004, le programme est restructuré et devient Young Global Leaders, avec un conseil d’administration composé de personnalités internationales comme la reine Rania de Jordanie, Marissa Mayer (Yahoo!) ou Jimmy Wales (Wikipédia) Wikipédia.
Aujourd’hui : un réseau mondial structuré
Le réseau compte désormais plus de 1 400 membres et alumni, issus de 120 nationalités The Forum of Young Global Leaders.
Objectifs officiels du programme
Selon le Forum des Young Global Leaders, le programme vise à :
1. Former une nouvelle génération de leaders mondiaux
Le WEF affirme vouloir développer un leadership fondé sur la collaboration, l’éthique, la vision long terme et la capacité à résoudre des problèmes globaux The Forum of Young Global Leaders.
2. Créer un réseau international puissant
Les YGL participent à des rencontres, ateliers, voyages d’étude, sessions de formation et événements internationaux.
3. Encourager l’innovation sociale et économique
Les membres sont incités à lancer ou soutenir des initiatives dans les domaines :
- climat,
- santé,
- éducation,
- technologies,
- gouvernance.
⭐ 4. Favoriser les échanges entre secteurs
Le réseau mélange dirigeants politiques, entrepreneurs, scientifiques, artistes, ONG, militaires, diplomates…
Cette transversalité est l’un des piliers du programme.
Fonctionnement : comment devient-on Young Global Leader ?
🎓 Sélection annuelle
Chaque année, environ 100 personnalités sont sélectionnées parmi plusieurs milliers de candidatures ou nominations The Forum of Young Global Leaders.
Critères principaux
- Avoir entre 30 et 40 ans au moment de la sélection.
- Avoir démontré un impact significatif dans son domaine.
- Avoir un potentiel de leadership international.
- Être engagé dans des causes sociétales ou globales.
Programme de formation
Les YGL participent à un cursus de plusieurs années comprenant :
- séminaires internationaux,
- formations en leadership,
- rencontres avec des experts mondiaux,
- projets collaboratifs.
Un réseau actif à vie
Une fois la formation terminée, les membres deviennent alumni et continuent de participer aux activités du réseau.
Pourquoi ce programme suscite-t-il autant de débats ?
Le programme est parfois perçu comme :
- un réseau d’influence élitiste,
- un vivier de futurs dirigeants mondiaux,
- un outil de soft power du Forum économique mondial.
Le fait que plusieurs chefs d’État ou ministres en soient issus alimente les spéculations.
Cependant, aucune source crédible ne démontre une coordination politique centralisée : il s’agit avant tout d’un réseau professionnel international, comparable à d’autres cercles d’influence (Ivy League, grandes écoles, think tanks).
Quelques personnalités célèbres issues des Young Global Leaders
🇫🇷 France
- Emmanuel Macron – Président de la République Les Echos
- Gabriel Attal – Premier ministre Les Echos
- Marlène Schiappa – ancienne ministre
- Christel Heydemann – PDG d’Orange Les Echos
🌍 International
- Mark Zuckerberg – fondateur de Facebook
- Larry Page – cofondateur de Google
- Sergey Brin – cofondateur de Google
- Jacinda Ardern – ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande
- Leonardo DiCaprio – acteur et activiste
- Jack Ma – fondateur d’Alibaba
- Jimmy Wales – fondateur de Wikipédia Wikipédia
- Marissa Mayer – ancienne PDG de Yahoo! Wikipédia
(Certaines de ces personnalités proviennent du programme Global Leaders for Tomorrow, ancêtre direct des YGL.)
Influence réelle : que peut-on en dire ?
✔️ Un réseau puissant, mais pas une organisation secrète
Les YGL fonctionnent comme un réseau professionnel international, comparable à un club mondial d’anciens élèves.
✔️ Un accélérateur de carrière
L’accès à des dirigeants, experts et décideurs internationaux peut favoriser des trajectoires rapides.
✔️ Un espace d’échange d’idées globales
Les thématiques abordées (climat, IA, gouvernance, santé) influencent les débats internationaux.
✔️ Une image parfois controversée
Le lien avec le Forum de Davos, souvent critiqué pour son élitisme, nourrit les fantasmes.
Conclusion : un réseau d’élite, mais pas un gouvernement mondial
Les Young Global Leaders constituent un réseau d’influence majeur, structuré, international et prestigieux.
Il ne s’agit ni d’un complot ni d’un gouvernement parallèle, mais d’un club mondial de jeunes dirigeants qui partagent une vision globale et participent à des programmes de formation et de collaboration.
Leur influence est réelle, mais elle s’exerce surtout par :
- la circulation d’idées,
- les réseaux professionnels,
- les collaborations internationales,
- la visibilité médiatique.
Les Young Global Leaders français : une élite plurielle, ambitieuse et très observée
Les YGL français forment un groupe hétérogène, mais traversé par des traits communs : ambition précoce, aisance dans les réseaux internationaux, goût pour l’innovation, et une capacité à naviguer entre secteurs (public, privé, associatif).
Ils incarnent une France mondialisée, polyglotte, souvent passée par les grandes écoles, et à l’aise dans les cercles de pouvoir.
Voici leur portrait collectif — puis individuel.
Traits communs : ce qui caractérise les YGL français
1. Une formation d’élite, mais diversifiée
- Beaucoup viennent de Sciences Po, ENA, HEC, Polytechnique, ESSEC, Centrale, etc.
- Certains ont complété par des cursus internationaux : Harvard, Stanford, LSE.
2. Une forte orientation internationale
- Carrières dans des institutions globales, ONG, multinationales.
- Maîtrise des codes du soft power et des réseaux transnationaux.
3. Une capacité à changer de secteur
- Passage du privé au public (ou inversement).
- Hybridation des compétences : tech + politique, finance + social, communication + innovation.
4. Une ambition assumée
- Beaucoup accèdent tôt à des postes de direction.
- Le programme YGL agit comme un accélérateur de visibilité.
5. Une sensibilité aux enjeux globaux
- Climat, inclusion, numérique, santé, gouvernance.
- Même ceux engagés en politique nationale adoptent un discours globalisé.
Portraits des YGL français les plus connus
Emmanuel Macron (promotion 2016)
Président de la République
- Trajectoire fulgurante : inspecteur des finances → banquier → ministre → président.
- Incarnation parfaite du profil YGL : international, technocratique, réformateur.
- Son passage par le programme est souvent cité comme symbole de l’élitisme globalisé.
Gabriel Attal (promotion 2024)
Premier ministre
- Plus jeune chef du gouvernement de la Ve République.
- Style : communication maîtrisée, modernité, efficacité.
- Son entrée dans le réseau YGL renforce son image de « leader global » à la française.
Marlène Schiappa (promotion 2020)
Ancienne ministre, autrice, militante féministe
- Figure médiatique, engagée sur les questions d’égalité et de société.
- Son profil illustre l’ouverture du programme à des personnalités issues de la société civile.
Christel Heydemann (promotion 2018)
PDG d’Orange
- Première femme à diriger l’un des plus grands groupes français de télécoms.
- Représente la dimension corporate et technologique du réseau.
Cédric O (promotion 2021)
Ancien secrétaire d’État au numérique
- Architecte de la stratégie française sur les startups et l’IA.
- Très connecté aux écosystèmes tech internationaux.
Najoua Arduini-ElAtfani (promotion 2023)
Dirigeante dans la tech et la cybersécurité
- Représente la nouvelle génération YGL : diversité, innovation, leadership féminin.
Jean-Baptiste Djebbari (promotion 2021)
Ancien ministre des Transports, entrepreneur dans l’aéronautique
- Profil hybride : ingénieur, politique, entrepreneur.
- Illustratif de la porosité entre secteurs.
Fleur Pellerin (promotion 2012)
Ancienne ministre, entrepreneuse dans la tech et la culture
- Figure pionnière des YGL français.
- A construit un pont entre politique, innovation et industries culturelles.
Frédéric Mazzella (promotion 2012)
Fondateur de BlaBlaCar
- Représentant de la French Tech.
- Porte un leadership entrepreneurial et collaboratif.
Hindou Oumarou Ibrahim (promotion 2017)
Activiste environnementale franco-tchadienne
- Voix majeure des peuples autochtones et du climat.
- Montre l’ouverture du programme à des profils engagés et non institutionnels.
Portrait collectif : une génération qui reflète les tensions françaises
Les YGL français sont à la fois :
Les ambassadeurs d’une France mondialisée
Ils incarnent une élite mobile, polyglotte, connectée aux réseaux internationaux.
Les héritiers des grandes écoles
Leur parcours renforce l’idée d’une méritocratie très codifiée.
Les cibles de critiques sur l’élitisme
Leur proximité avec le Forum économique mondial nourrit les fantasmes complotistes.
Mais leur influence réelle tient surtout à leur réseau et à leur capacité à se retrouver dans les mêmes lieux de pouvoir.
Les porteurs de causes globales
Climat, inclusion, numérique responsable, innovation sociale.
Une mosaïque de trajectoires
Entre politiques, entrepreneurs, activistes, dirigeants d’entreprise, diplomates, artistes.
Conclusion : une élite française en mutation
Les Young Global Leaders français ne forment pas un bloc homogène, mais un miroir de la France contemporaine :
- ambitieuse,
- mondialisée,
- diverse,
- parfois contestée,
- mais profondément engagée dans les transformations du monde.
Ils sont à la fois produits et acteurs de la mondialisation, et leur influence tient moins à une organisation secrète qu’à leur capacité à se retrouver dans les mêmes cercles, partager les mêmes codes, et agir sur des enjeux transnationaux.


