La politique est-elle devenue un théâtre… et qui joue le mieux mal ?

C’est une question qu’on ne pose plus vraiment : la politique n’est plus “comme” un théâtre, elle est un théâtre. Une scène permanente où chacun tente d’arracher une minute de lumière, un bon mot recopié sur Twitter, et surtout l’illusion d’avoir compris le monde.

Le problème, ce n’est pas qu’ils jouent mal.
Le problème, c’est qu’ils pensent jouer bien.

Entre les indignations millimétrées, les colères calibrées pour les caméras, les “révélations” qui n’en sont pas, on a parfois l’impression que nos élus répètent un scénario dont le public connaît déjà la fin :
“C’est la faute des autres.”
“Quand on sera au pouvoir, tout ira mieux.”
“Nous ne reculerons pas ! … sauf demain.”

On ne leur en veut même plus vraiment. On dirait des acteurs coincés dans une tournée provinciale dont personne n’a le courage d’annuler.

Mais ce théâtre politique raconte aussi quelque chose de nous :
nous voulons être séduits, rassurés, distraits. Le débat public s’est transformé en série Netflix où l’on préfère le spectacle à la sobriété, les punchlines à la nuance, les guerres de tranchées à la recherche de solutions.

La vraie question n’est peut-être pas :
“Qui joue mal ?”
mais plutôt :
“Pourquoi avons-nous accepté d’acheter un billet pour ce spectacle ?”