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France vs Pays‑Bas : deux visions du vélo, deux mondes

piste cyclable

En France : le vélo comme décoration urbaine

Ce que l’on voit à Nancy — bandes de peinture, pistes discontinues, changements de côté absurdes, sens interdits, entretien aléatoire — est malheureusement représentatif d’un phénomène national.

La France a longtemps considéré la piste cyclable comme un gadget électoral, un symbole de modernité à faible coût, plutôt qu’un infrastructure de transport.

Résultat :

  • On peint des bandes au sol au lieu de construire des voies séparées.
  • On crée des itinéraires incohérents, parfois dangereux.
  • On inaugure vite, on entretient peu.
  • On pense “aménagement”, pas “réseau”.
  • On privilégie l’effet d’annonce plutôt que l’usage réel.

Et les cyclistes le disent clairement :
ils préfèrent rester sur la route, car les pistes sont parfois plus dangereuses que la circulation motorisée elle‑même.

Aux Pays‑Bas : le vélo comme colonne vertébrale de la mobilité

Là où la France peint, les Pays‑Bas construisent.
Là où la France improvise, les Pays‑Bas planifient.
Là où la France segmente, les Pays‑Bas connectent.

Leur logique est simple :
une piste cyclable n’est pas un aménagement, c’est une infrastructure.
Comme une route. Comme un pont. Comme un tramway.

Donc elle doit être :

  • continue
  • séparée
  • prioritaire
  • logique
  • entretenue
  • pensée pour tous les âges

Ce n’est pas une faveur faite aux cyclistes, c’est un choix de société.

Pourquoi la France n’y arrive pas (encore)

Plusieurs raisons se combinent :

1. Une culture de la voiture encore dominante

Le vélo reste perçu comme un loisir, pas comme un mode de transport sérieux.

2. Une approche “patchwork”

Chaque ville fait “à sa sauce”, sans cohérence nationale.

3. Une logique d’annonce

On préfère inaugurer vite plutôt que construire bien.

4. Un manque d’entretien chronique

Une piste cyclable, ça s’entretient comme une route.
En France, on l’oublie souvent.

5. Une absence de continuité

Le cycliste français vit dans un labyrinthe.
Le cycliste néerlandais vit dans un réseau.

Nancy : un cas d’école

Beaucoup de Nancéiens ressentent :

  • bandes de peinture au sol
  • pistes en zigzag
  • changements de côté absurdes
  • sections en sens interdit
  • discontinuités permanentes
  • absence de protection réelle

C’est typiquement ce qu’on appelle un réseau d’opportunité, pas un réseau de mobilité.
On aménage là où il reste un peu de place, pas là où les cyclistes en ont besoin.

Le résultat : un paradoxe français

On veut encourager le vélo…
… mais on crée des infrastructures qui découragent de l’utiliser.

On veut sécuriser…
… mais on fabrique de l’insécurité.

On veut imiter les Pays‑Bas…
… mais on refuse d’adopter leur méthode.

Aux pays bas :
… C’est tellement sécurisé que l’on ne porte pas de casque en vélo !